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Construction du Grand Palais

un géant de verre et d’acier

Bâti en trois ans pour l’Exposition de 1900, puis sauvé un siècle plus tard : l’histoire d’un monument pionnier et fragile.

La grande verrière et la charpente métallique en fer du Grand Palais de Paris, vue de l'intérieur.
Réponse rapide

Le Grand Palais de Paris a été construit de 1897 à 1900 pour l’Exposition universelle, avec une façade de pierre classique et une immense nef de fer et de verre. Œuvre collective de plusieurs architectes, ce bâtiment pionnier mais fragile a été profondément restauré à partir de 2021 et a rouvert au public le 6 juin 2025.

  • Construit pour 1900 : chantier lancé en 1897, inauguration le 1er mai 1900.
  • Pierre dehors, acier dedans : une nef monumentale sous une grande verrière.
  • Une œuvre à plusieurs mains : Deglane, Louvet, Thomas, coordonnés par Girault.
  • Restauré puis rouvert : grand chantier dès 2021, réouverture le 6 juin 2025.

Un palais de verre et d’acier né pour l’Exposition de 1900

Tout commence avec une échéance : l’Exposition universelle de 1900. Paris veut un bâtiment qui claque, une vitrine de la IIIe République capable d’éblouir le monde entier. Le chantier est lancé dès 1897, face au Petit Palais construit en même temps. Trois ans plus tard, le 1er mai 1900, le Grand Palais est inauguré.

Trois ans pour un édifice de cette taille, c’est court. Il fallait tenir la date de l’Exposition, et cette contrainte a tout commandé : les méthodes, les matériaux, l’organisation du chantier. Le résultat est un bâtiment hybride, à cheval entre deux mondes. Une façade de pierre classique, monumentale — et, derrière, une immense structure de fer et de verre qui appartient déjà au XXe siècle.

Dates clés

1897 : ouverture du chantier — 1er mai 1900 : inauguration pour l’Exposition universelle — 1975 : nef classée monument historique — 2021 : lancement de la grande restauration — 6 juin 2025 : réouverture complète au public.

La nef, prouesse technique de la Belle Époque

Le cœur du Grand Palais, c’est sa nef. Un immense vaisseau couvert d’une verrière, soutenu par une charpente métallique visible, assumée, presque exhibée. À une époque où le métal servait surtout aux gares et aux halles, l’exposer ainsi dans un palais des Beaux-Arts était un geste fort.

L’idée tient en deux temps. La pierre habille l’extérieur et rassure l’œil habitué au classicisme. L’acier, lui, fait le vrai travail : il porte, il enjambe, il libère un volume intérieur gigantesque sans forêt de piliers. La verrière laisse tomber la lumière du jour sur toute la nef, ce qui, pour un lieu pensé pour montrer des œuvres, changeait tout. Cette lumière zénithale reste aujourd’hui la signature du lieu.

C’est aussi cette prouesse qui a fait la fragilité du bâtiment. Des milliers de tonnes de métal, une verrière colossale, des fondations posées sur un sol proche de la Seine : autant de points sensibles qui, un siècle plus tard, demanderaient des soins lourds.

Un chantier hors norme et ses architectes

On parle souvent du Grand Palais comme d’une œuvre unique, mais c’est en réalité un travail à plusieurs mains. Le programme a été réparti entre différents architectes, chacun responsable d’une partie, avec une coordination générale pour tenir l’ensemble.

ArchitecteRôle sur le Grand Palais
Henri DeglaneBâtiment est, la grande nef
Albert LouvetPartie centrale, entre les ailes
Albert ThomasAile ouest, le palais d’Antin
Charles GiraultCoordination générale du chantier

Cette organisation en équipe explique en partie la cohérence du bâtiment malgré sa taille, et aussi ses petites différences de style d’une aile à l’autre. Le grand escalier d’honneur, lui, est né de la collaboration entre Deglane et Louvet. Coordonner un tel chantier, avec la pression de la date de 1900, relevait de l’exploit autant que la construction elle-même.

Un géant fragile

pourquoi il a fallu le restaurer

Un bâtiment de verre et d’acier, ça vit, ça travaille, ça vieillit. Dès ses premières décennies, le Grand Palais a montré des signes de faiblesse. Le métal rouille, les rivets fatiguent, la verrière prend l’eau, et les fondations, posées dans un sol humide, bougent légèrement. Ce n’est pas un défaut de conception : c’est la rançon d’un édifice pionnier, bâti vite et grand, avec les moyens de son époque.

Au fil du XXe siècle, le monument a connu des fermetures et des restaurations partielles, notamment dans les années 2000, où une grande campagne a consolidé les fondations et remis en état la verrière et les charpentes. Mais l’ampleur du bâtiment — plusieurs dizaines de milliers de mètres carrés — rendait toute intervention longue et coûteuse. La nef avait d’ailleurs été classée monument historique dès 1975, l’ensemble étant protégé au tournant des années 2000.

Ce n’est pas un défaut de conception : c’est la rançon d’un édifice pionnier, bâti vite et grand.

Emma Bouchard

La grande restauration et la réouverture

La dernière métamorphose est la plus spectaculaire. À partir de 2021, le Grand Palais est entré dans un vaste chantier de restauration, confié à une équipe d’architectes du patrimoine, portant sur l’ensemble du bâtiment — de l’ordre de 72 000 m². Le budget, considérable, se compte en centaines de millions d’euros.

L’idée n’était pas de tout refaire à neuf, mais de rendre le bâtiment à la fois plus solide, plus accessible et plus ouvert : rouvrir des perspectives intérieures, retrouver des circulations d’origine, remettre la lumière au centre. Le monument a servi de cadre à des épreuves des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, avant une réouverture complète au public le 6 juin 2025.

Ce que le chantier du Grand Palais nous apprend

Il y a quelque chose de vertigineux à voir un bâtiment construit en trois ans pour une exposition tenir encore, plus de cent vingt ans plus tard, au prix de restaurations patientes. L’histoire du Grand Palais raconte les deux faces d’un même métier : l’audace de bâtir grand et vite, et la longue attention qu’il faut ensuite pour ne pas laisser un chef-d’œuvre s’effondrer sous son propre poids.

Bâtir un géant, c’est une prouesse. Le garder debout, c’est un engagement qui ne s’arrête jamais vraiment.

En quelle année le Grand Palais a-t-il été construit ?

Le chantier a été lancé en 1897 et le bâtiment inauguré le 1er mai 1900, pour l’Exposition universelle de Paris. Trois ans seulement, une prouesse compte tenu de sa taille.

Qui a construit le Grand Palais ?

C’est une œuvre collective : Henri Deglane pour la grande nef à l’est, Albert Louvet pour la partie centrale, Albert Thomas pour l’aile ouest (le palais d’Antin), le tout coordonné par Charles Girault.

Pourquoi le Grand Palais a-t-il été restauré ?

Sa structure de fer et de verre, pionnière mais fragile, souffrait de corrosion, de rivets fatigués, d’une verrière vieillissante et de fondations posées dans un sol humide. Des restaurations ont eu lieu au fil du temps, puis un grand chantier à partir de 2021.

Quand le Grand Palais a-t-il rouvert ?

Après un chantier lancé en 2021 et des épreuves des Jeux olympiques de Paris 2024, le monument a rouvert entièrement au public le 6 juin 2025.