Jardins à la française du château de Versailles : parterres brodés, topiaires et bassins ornementaux.
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Construction du château de Versailles

du pavillon au palais

Un chantier mené par campagnes successives, de Louis XIII à l’achèvement de la chapelle royale en 1710.

Réponse rapide

Versailles n’a pas été bâti d’un coup. Tout part d’un pavillon de chasse de Louis XIII (1623), que Louis XIV décide d’envelopper plutôt que de raser à partir de 1661. Le palais se construit ensuite par campagnes successives sur près de cinquante ans, sous Le Vau puis Jules Hardouin-Mansart, avec les jardins d’André Le Nôtre.

  • Un pavillon de chasse à l’origine : un simple relais bâti en 1623 sous Louis XIII.
  • Le grand chantier : lancé par Louis XIV en 1661, étalé sur des décennies.
  • Des architectes successifs : Louis Le Vau, puis Jules Hardouin-Mansart.
  • Des sommets datés : galerie des Glaces (1678-1684), chapelle royale (1710).

D’un pavillon de chasse à un palais

le point de départ

Tout commence en 1623, sur un coteau boisé et marécageux où Louis XIII fait élever un simple relais de chasse. La première pierre est posée à l’automne, et le bâtiment, modeste, ne compte que quelques pièces. Rien, à ce stade, n’annonce un palais.

L’étape décisive du règne suivant se joue entre 1631 et 1634. Le roi confie à l’architecte Philibert Le Roy l’agrandissement du relais, transformé en petit château de brique et de pierre, organisé en U autour d’une cour. C’est ce noyau que l’on aperçoit encore aujourd’hui autour de la cour de Marbre.

Un point mérite d’être retenu, car il éclaire toute la suite : ce petit château de Louis XIII n’a jamais été rasé. À la mort du roi en 1643, l’ensemble reste modeste, mais il servira de cœur autour duquel Louis XIV bâtira son palais. Comprendre Versailles, c’est d’abord comprendre qu’on a construit autour d’un bâtiment existant, pas sur une page blanche.

1661

Louis XIV lance le grand chantier

La vraie transformation démarre en 1661. Louis XIV, qui vient d’écarter son surintendant Fouquet, récupère l’équipe qui avait conçu le château de Vaux-le-Vicomte : l’architecte Louis Le Vau, le jardinier André Le Nôtre et le peintre Charles Le Brun. Trois noms, trois métiers, une même ambition.

Le choix du roi tranche avec ce que certains lui conseillaient. Plutôt que de détruire le château de son père pour repartir de zéro, il demande qu’on le conserve et qu’on l’agrandisse. Cette décision, longtemps discutée à la cour, fixe la méthode : Versailles se fera par ajouts successifs.

Les premières années portent surtout sur les jardins, confiés à Le Nôtre dès 1661, et sur les dépendances. Le chantier ouvert cette année-là ne s’arrêtera pratiquement plus : il s’étendra sur près de quatre décennies, en plusieurs campagnes bien distinctes. C’est cette durée, et non un coup d’éclat unique, qui explique l’ampleur finale du palais.

  1. 1623 — Le relais de chasse de Louis XIII

    Un simple pavillon de quelques pièces, posé sur un terrain de chasse.

  2. 1631-1634 — Le petit château de Philibert Le Roy

    Le relais devient un château de brique et de pierre en U autour de la future cour de Marbre.

  3. 1661 — Louis XIV ouvre le grand chantier

    L’équipe de Vaux-le-Vicomte arrive : Le Vau, Le Nôtre pour les jardins, Le Brun pour le décor.

  4. 1668-1670 — L’enveloppe de pierre de Le Vau

    Le château d’origine est habillé côté jardins, donnant à Versailles sa façade monumentale.

  5. 1678-1684 — La galerie des Glaces

    Jules Hardouin-Mansart conçoit la grande galerie ; la voûte est peinte par Le Brun.

  6. 1699-1710 — La chapelle royale

    Dernier grand chantier du règne, achevé par Robert de Cotte après la mort de Hardouin-Mansart.

L’enveloppe de Le Vau

Versailles prend ses façades

La campagne qui donne à Versailles sa silhouette se déroule autour de 1668-1670. Le Vau habille le petit château côté jardins d’une construction de pierre, que les historiens appellent l’« enveloppe » : de nouveaux appartements pour le roi et la reine, et de longues façades classiques tournées vers l’ouest.

Le résultat produit un contraste qui surprend encore les visiteurs. Côté ville et cour de Marbre, on garde la brique et la pierre du château de Louis XIII ; côté jardins, on découvre une façade de pierre uniforme, beaucoup plus monumentale. Les deux visages de Versailles datent donc de deux époques différentes, et ce décalage est la trace visible du parti pris d’origine.

Le Vau meurt en 1670, alors que cette enveloppe est en cours. Les travaux se poursuivent sous la direction de son collaborateur François d’Orbay, dans la continuité du projet engagé.

Hardouin-Mansart

la galerie des Glaces et les grandes ailes

À partir de 1678, un nouvel architecte prend la main et marque durablement le palais : Jules Hardouin-Mansart. C’est lui qui conçoit la galerie des Glaces, bâtie entre 1678 et 1684 sur la terrasse qui reliait jusque-là les appartements du roi et de la reine.

Les repères donnent la mesure du lieu : environ 73 mètres de long, dix-sept grandes fenêtres faisant face à dix-sept arcades garnies de miroirs, soit 357 glaces au total. La voûte est peinte par Charles Le Brun entre 1681 et 1684. C’est l’une des pièces les plus copiées d’Europe.

Hardouin-Mansart mène aussi les grands agrandissements latéraux. L’aile du Midi, longue d’environ 150 mètres, sort de terre vers 1679-1681 pour loger la famille royale ; l’aile du Nord suit ensuite. Ces deux ailes donnent enfin au château la capacité d’accueillir une cour entière. En 1682, justement, Louis XIV y installe le siège permanent de la cour — une décision politique qui ne doit pas être confondue avec la fin du chantier, encore loin d’être achevé.

Repère

Galerie des Glaces

Environ 73 mètres de long et 357 miroirs face à dix-sept fenêtres. Voûte peinte par Le Brun entre 1681 et 1684.

Repère

Aile du Midi

Environ 150 mètres, bâtie vers 1679-1681 par Hardouin-Mansart pour loger la famille royale.

Repère

Chapelle royale

Achevée en 1710, dernier grand chantier du règne, terminé par Robert de Cotte.

La chapelle royale, dernier grand chantier de Louis XIV

La chapelle royale referme la grande période de construction. Son histoire est plus longue qu’on ne le croit : un premier projet est lancé dès 1689, puis interrompu, avant que la construction ne reprenne et ne s’achève entre 1699 et 1710.

Hardouin-Mansart en dessine les plans, mais il meurt en 1708, avant la fin. C’est son beau-frère, l’architecte Robert de Cotte, qui mène le chantier à son terme. La chapelle est consacrée en 1710. Sa haute nef, qui mêle une élévation d’inspiration gothique à un vocabulaire classique de colonnes, clôt la grande campagne voulue par Louis XIV.

Après cette date, Versailles ne cesse pas d’évoluer, mais les transformations majeures deviennent surtout intérieures : on pense à l’Opéra royal aménagé sous Louis XV. La structure extérieure du palais, elle, est pour l’essentiel celle que ces décennies de travaux ont fixée.

Durée, ampleur et coût

ce qu’on sait vraiment

Si l’on compte de 1661, lancement des grands travaux, à 1710, achèvement de la chapelle, le chantier s’étale sur une cinquantaine d’années, en campagnes successives plutôt qu’en un effort continu. Cette durée explique pourquoi le palais mêle des styles et des mains différents d’une aile à l’autre.

L’ampleur ne tient pas qu’aux bâtiments. Il a fallu assécher un terrain marécageux, déplacer des volumes de terre considérables pour dessiner les terrasses, et surtout amener l’eau nécessaire aux jardins et aux centaines de jets des fontaines de Le Nôtre. Cette question de l’eau a été l’un des défis techniques les plus lourds du domaine, bien au-delà des murs du château.

Sur le coût, la prudence s’impose. Les estimations historiques divergent fortement, et les méthodes comptables de l’époque rendent toute conversion en euros d’aujourd’hui peu fiable. Mieux vaut retenir un ordre de grandeur — l’un des plus grands efforts de construction de son temps — qu’un chiffre précis qui donnerait une fausse impression de certitude.

Idées reçues à corriger

Versailles n’a pas été bâti d’un seul jet ; Louis XIV n’a pas rasé le château de son père, qu’il a conservé au cœur du palais ; et 1682 n’est pas la date de fin des travaux, mais celle de l’installation de la cour.

En combien de temps le château de Versailles a-t-il été construit ?

Il n’y a pas de date unique. Si l’on part du lancement des grands travaux par Louis XIV en 1661 et qu’on s’arrête à l’achèvement de la chapelle royale en 1710, le chantier s’étale sur une cinquantaine d’années, menées en plusieurs campagnes distinctes. Le bâtiment d’origine, lui, remonte à 1623, sous Louis XIII.

Qui a construit le château de Versailles ?

Plusieurs équipes se sont succédé. Le petit château de Louis XIII est agrandi par Philibert Le Roy (1631-1634). Sous Louis XIV interviennent Louis Le Vau puis Jules Hardouin-Mansart pour l’architecture, André Le Nôtre pour les jardins et Charles Le Brun pour le décor. La chapelle royale est achevée par Robert de Cotte.

Versailles était-il un château ou un pavillon de chasse à l’origine ?

À l’origine, en 1623, c’était un simple relais de chasse voulu par Louis XIII, avec seulement quelques pièces. Il devient un petit château de brique et de pierre entre 1631 et 1634. La transformation en palais ne commence vraiment qu’avec Louis XIV, à partir de 1661.

Louis XIV a-t-il détruit le château de Louis XIII ?

Non, et c’est une idée reçue fréquente. Louis XIV a explicitement demandé que le château de son père soit conservé et enveloppé par les nouvelles constructions, plutôt que rasé. Ce noyau d’origine reste visible aujourd’hui autour de la cour de Marbre, côté ville.

Quand la galerie des Glaces a-t-elle été construite ?

La galerie des Glaces a été bâtie entre 1678 et 1684 par Jules Hardouin-Mansart, sur la terrasse qui reliait les appartements du roi et de la reine. Sa voûte a été peinte par Charles Le Brun entre 1681 et 1684. Elle mesure environ 73 mètres et compte 357 miroirs.

Lire Versailles, c’est lire un chantier en mouvement : chaque façade, chaque aile garde la date et la main qui l’ont dressée.