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Le nouveau mobilier de Notre-Dame de Paris

Cinq pièces de bronze signées Guillaume Bardet, dévoilées pour la réouverture de 2024.

Vue intérieure d'une cathédrale gothique parisienne, nef de pierre et hautes voûtes vers le chœur.
Réponse rapide

Le nouveau mobilier liturgique de Notre-Dame de Paris, installé pour la réouverture du 8 décembre 2024, a été conçu par le designer français Guillaume Bardet. Il rassemble cinq pièces en bronze fondues dans la Drôme.

  • Un auteur : le designer Guillaume Bardet, choisi par l’archevêque et le diocèse de Paris.
  • Cinq pièces : l’autel, la cathèdre, l’ambon, le tabernacle et le baptistère.
  • Un matériau : le bronze, fondu par la fonderie d’art Barthélémy Art à Crest.
  • Un parti pris : des formes contemporaines assumées dans un édifice gothique.

Un mobilier neuf pour la réouverture de 2024

Quand Notre-Dame de Paris a rouvert ses portes le 8 décembre 2024, les regards se sont d’abord tournés vers la charpente reconstruite et les voûtes nettoyées. Mais au cœur de la cathédrale, un autre changement a marqué les visiteurs : un mobilier liturgique entièrement neuf, en bronze, très éloigné de ce qu’on imagine dans un édifice médiéval.

L’incendie d’avril 2019 n’avait pas seulement touché la structure. Il a aussi rendu nécessaire un réaménagement de l’espace liturgique. Le diocèse de Paris a saisi cette occasion pour commander un ensemble pensé d’un seul tenant, plutôt qu’une accumulation d’éléments hérités d’époques différentes.

Qui a conçu le nouveau mobilier

Le projet retenu est celui du designer français Guillaume Bardet. Le choix a été arrêté par l’archevêque de Paris, Mgr Laurent Ulrich, et le diocèse, au terme d’une consultation entre plusieurs propositions.

Guillaume Bardet n’est pas un fabricant d’objets religieux de métier. C’est un designer reconnu pour son travail sur le mobilier et les objets, habitué aux formes simples et pleines. Cette sensibilité éclaire le parti pris de Notre-Dame : des pièces sobres, massives, sans ornement narratif, qui cherchent la présence plutôt que la démonstration.

Cinq pièces, cinq fonctions

L’ensemble se compose de cinq pièces, chacune liée à un moment précis de la liturgie. Les confondre revient à passer à côté de leur logique. Le tableau ci-dessous résume le rôle de chacune.

PièceRôle liturgique
L’autelTable centrale de la célébration eucharistique ; tout le chœur s’organise autour d’elle.
La cathèdreSiège de l’évêque. C’est d’elle que vient le mot « cathédrale ».
L’ambonPupitre depuis lequel sont proclamées les lectures et l’Évangile.
Le tabernacleMeuble où est conservée l’eucharistie en dehors des célébrations.
Le baptistèreLieu du baptême, qui marque l’entrée dans la vie chrétienne.

Ces cinq éléments forment une famille visuelle. Ils partagent le même vocabulaire de formes et le même matériau, si bien que l’œil les relie immédiatement, même dispersés dans l’édifice.

Un ensemble en bronze

Le choix du bronze n’est pas anodin. Ce métal offre une matière dense, chaude sous la lumière, et une patine qui évolue avec le temps sans se dégrader. Dans un lieu où la pierre domine, il apporte une note à la fois sombre et lumineuse.

Les pièces ont été fondues par la fonderie d’art Barthélémy Art, installée à Crest, dans la Drôme, non loin de l’atelier du designer. La fabrication s’est étalée sur plusieurs mois, en 2023 et 2024, et a mobilisé plusieurs tonnes de bronze. Un tel chantier suppose un long travail de modelage, de moulage puis de finition, propre à la fonderie d’art.

À ne pas confondre

À côté des cinq meubles, le designer a aussi créé une série d’objets de célébration en argent, réalisés avec un orfèvre. Ces objets, plus petits, ne font pas partie du mobilier proprement dit.

Un choix contemporain assumé

Installer un mobilier résolument moderne dans une cathédrale médiévale ne va pas de soi, et le sujet a nourri des discussions. Le parti pris a été de ne pas imiter le gothique. Plutôt que de fabriquer de faux meubles anciens, le diocèse a choisi des formes de leur époque, capables de dialoguer avec l’architecture sans se fondre dans le décor.

Cette approche n’a rien d’inédit dans l’histoire des églises, qui ont presque toujours mêlé les styles au fil des siècles. Ce qui frappe ici, c’est la cohérence de l’ensemble et la netteté des formes. On peut apprécier ou non ce langage : c’est une question de goût, que chacun tranchera en découvrant les pièces sur place.

Ne pas imiter le passé, mais lui répondre avec les formes d’aujourd’hui.

Mobilier, orfèvrerie, trésor

trois choses distinctes

Trois notions circulent souvent ensemble et méritent d’être séparées. Les distinguer évite bien des malentendus lorsqu’on parle du « nouveau mobilier de Notre-Dame ».

Les cinq meubles

Mobilier liturgique

L’autel, la cathèdre, l’ambon, le tabernacle et le baptistère, en bronze. C’est ce que désigne l’expression « nouveau mobilier de Notre-Dame ».

Les objets d’office

Orfèvrerie de célébration

Les objets en métal précieux utilisés pendant les offices, ici en argent, conçus en complément des meubles.

Le patrimoine

Trésor de la cathédrale

Un ensemble historique d’objets, de reliquaires et de vêtements liturgiques, distinct des meubles neufs et présenté dans son propre espace.

Qui a conçu le nouveau mobilier de Notre-Dame de Paris ?

Le designer français Guillaume Bardet, dont le projet a été retenu par l’archevêque de Paris et le diocèse parmi plusieurs propositions.

De combien de pièces se compose le mobilier liturgique ?

De cinq pièces : l’autel, la cathèdre (le siège de l’évêque), l’ambon (le pupitre des lectures), le tabernacle et le baptistère.

En quel matériau est réalisé le nouveau mobilier ?

En bronze, fondu par la fonderie d’art Barthélémy Art installée à Crest, dans la Drôme. Le designer a par ailleurs créé des objets de célébration en argent.

Pourquoi un mobilier moderne dans une cathédrale gothique ?

Le choix a été de ne pas imiter le style ancien, mais de proposer des formes contemporaines qui dialoguent avec l’architecture médiévale, dans la continuité d’une longue tradition de mélange des styles dans les églises.

Reste à faire ce que le mobilier attend de nous : le voir sur place, dans la lumière de la cathédrale, pour se faire son propre avis.