Construction de l’Arc de Triomphe
trente ans de chantier
Commandé par Napoléon en 1806, inauguré seulement en 1836 : le récit d’un chantier rythmé par les régimes.
L’Arc de Triomphe de l’Étoile a été commandé par Napoléon en 1806, au lendemain d’Austerlitz, pour glorifier la Grande Armée. Conçu par l’architecte Chalgrin, le chantier s’est étalé sur une trentaine d’années, ralenti par la mort de l’architecte en 1811 et par la chute de l’Empire. Le monument n’a été inauguré qu’en 1836, sous Louis-Philippe.
- Commande : Napoléon, en 1806, pour célébrer les victoires de la Grande Armée.
- Architecte : Jean-François-Thérèse Chalgrin, mort en 1811 avant l’achèvement.
- Durée : une trentaine d’années, entre arrêts politiques et reprises.
- Inauguration : le 29 juillet 1836, sous le règne de Louis-Philippe.
La première pierre a été posée en 1806. L’inauguration, elle, n’a eu lieu qu’en 1836. Entre les deux, trente ans de chantier, la chute d’un empire, plusieurs changements de régime et la mort de l’architecte : l’Arc de Triomphe de l’Étoile a mis une génération entière à sortir de terre, et cette lenteur raconte à elle seule une bonne partie de l’histoire de France du XIXe siècle.
Un arc voulu par Napoléon en 1806
Tout commence au lendemain d’Austerlitz. Auréolé de sa victoire de décembre 1805, Napoléon veut un monument à la gloire de la Grande Armée, quelque chose qui rappelle les arcs élevés par les empereurs romains pour célébrer leurs triomphes. L’idée est explicitement antique : renouer avec Rome, inscrire les victoires impériales dans la pierre.
Le chantier est lancé en 1806, à l’extrémité des Champs-Élysées, sur la butte de l’Étoile. L’emplacement n’a rien d’anodin. Au sommet d’une longue perspective, l’arc doit se voir de loin et dominer l’entrée ouest de Paris. Napoléon, lui, ne verra jamais l’ouvrage achevé, ni même très avancé de son vivant au pouvoir.
Chalgrin et les architectes qui se sont succédé
Le projet est confié à Jean-François-Thérèse Chalgrin, architecte formé au néoclassicisme, qui travaille un temps aux côtés de Jean-Arnaud Raymond. Les plans sont retravaillés pendant plusieurs années avant d’être définitivement adoptés par décret impérial en 1809.
Mais Chalgrin meurt en janvier 1811, alors que les piliers n’atteignent qu’une douzaine de mètres. Le chantier perd son concepteur en pleine élévation. C’est l’un de ses élèves, Louis-Robert Goust, qui prend le relais, avant que d’autres n’interviennent au fil des décennies. Cette succession d’architectes explique en partie pourquoi le monument a mis si longtemps à trouver sa forme définitive : chacun a hérité d’un ouvrage commencé par un autre.
Trente ans de chantier, entre arrêts et reprises
C’est le vrai fil de l’histoire. La construction n’a pas duré trente ans parce qu’elle était techniquement impossible, mais parce que la politique s’en est mêlée. Avec la chute de l’Empire et le retour des Bourbons, le chantier perd son commanditaire et son sens : difficile, sous la Restauration, de célébrer les victoires napoléoniennes. Les travaux ralentissent, puis s’arrêtent.
Il faut attendre 1823 pour que Louis XVIII ordonne de reprendre et d’achever l’arc, quitte à en réorienter la portée symbolique. Là encore, rien n’est rapide : il faudra encore une dizaine d’années de travaux. L’Arc de Triomphe est finalement inauguré le 29 juillet 1836, sous le règne de Louis-Philippe. Entre la commande et l’inauguration, trois régimes se sont succédé — l’ouvrage impérial est achevé par la monarchie de Juillet.
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1806 — La commande
Napoléon lance la construction d’un arc à la gloire de la Grande Armée. Le chantier démarre sur la butte de l’Étoile.
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1809-1811 — Chalgrin
Le projet de l’architecte est adopté par décret en 1809. Chalgrin meurt en 1811, les piliers atteignant à peine une douzaine de mètres.
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Après 1815 — L’arrêt
La chute de l’Empire prive le chantier de sens sous la Restauration. Les travaux ralentissent puis s’interrompent.
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1823 — La reprise
Louis XVIII ordonne d’achever le monument, en réorientant sa portée symbolique.
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1836 — L’inauguration
L’Arc de Triomphe est inauguré le 29 juillet, sous Louis-Philippe, trente ans après le premier coup de pioche.
Un monument inspiré de l’Antiquité
Le résultat est un arc massif, d’environ cinquante mètres de haut pour quarante-cinq mètres de large, l’un des plus grands jamais construits. Le style reste fidèle à l’inspiration romaine du départ : une grande arche centrale, des proportions pensées pour dominer la place, une surface conçue dès l’origine pour recevoir un décor sculpté.
Ce décor n’est pas un ornement ajouté après coup, il fait partie du monument. Les façades portent de grands groupes sculptés célébrant des épisodes militaires et patriotiques, tandis que des noms de batailles et de généraux sont gravés dans la pierre. Le plus célèbre de ces reliefs est l’œuvre de François Rude, souvent appelée La Marseillaise.
Sur l’un des piliers, Le Départ des volontaires de 1792, plus connu sous le nom de La Marseillaise, montre une figure ailée entraînant les combattants. Ce haut-relief est devenu à lui seul une image de la nation en armes.
De l’inauguration de 1836 à aujourd’hui
Une fois achevé, l’arc devient un point de repère majeur de Paris. La place qui l’entoure, longtemps appelée place de l’Étoile, s’organise autour de lui comme un moyeu d’où rayonnent les avenues.
Sa fonction mémorielle se renforce après la Première Guerre mondiale. Au lendemain du conflit, la dépouille d’un soldat non identifié est inhumée sous l’arc : c’est la tombe du Soldat inconnu, à laquelle s’ajoute ensuite une flamme du souvenir, ravivée chaque soir. D’ouvrage à la gloire d’une armée impériale, l’Arc de Triomphe est ainsi devenu un lieu de mémoire nationale.
Qui a construit l’Arc de Triomphe ?
Il a été commandé par Napoléon en 1806 et conçu par l’architecte Jean-François-Thérèse Chalgrin. À la mort de ce dernier en 1811, plusieurs architectes lui ont succédé, dont son élève Louis-Robert Goust, pour mener le chantier jusqu’à son achèvement.
Combien de temps a duré la construction ?
Environ trente ans. Le chantier débute en 1806 mais il est ralenti puis suspendu après la chute de l’Empire, avant d’être repris sur ordre de Louis XVIII en 1823 et achevé pour l’inauguration de 1836.
Pourquoi Napoléon a-t-il voulu un arc de triomphe ?
Pour célébrer les victoires de la Grande Armée, notamment Austerlitz, en renouant avec la tradition des arcs triomphaux de la Rome antique. Le monument devait inscrire la gloire militaire de l’Empire dans la pierre.
Quelles sont les dimensions de l’Arc de Triomphe ?
Il mesure environ cinquante mètres de haut pour quarante-cinq mètres de large, ce qui en fait l’un des plus grands arcs de triomphe jamais construits.
De la commande impériale à la flamme du souvenir, l’Arc de Triomphe aura mis trente ans à devenir ce qu’il est : moins un monument à une armée qu’un condensé de l’histoire de France.